Reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France

"Reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France", c'est ce que vient d'annoncer Emmanuel Macron le 10 février dernier lors de son déplacement à Belfort. Au delà des débats politiques qui peuvent entourer cette décision forte (décision de la fermeture de Fesseinheim il y a 2 ans, vente d'Alstom Power à GE lorsqu'il était ministre des finances...), il faut appuyer sur le fait que c'est une décision qui était attendue par les d'acteurs du secteur. Même si nous devons toujours être prudent en cette période pré électorale et espérer que cette décision soit suivie de faits concrets.

Dans le cadre de l'objectif de la baisse d'émissions des gaz a effet de serre d''ici à 2030 et d'atteindre la neutralité carbone en 2050, la décision a donc été prise de

  • "prolonger la durée de vie de tous les réacteurs nucléaires qui peuvent l'être"

  • "lancer dès aujourd'hui un programme de nouveaux réacteurs "

Le respect du premier point impose qu'EDF et l'ASN s'attèlent à la tache d'étudier les conditions de prolongation des 56 réacteurs existants du parc français. Les inconnues sont de savoir combien parmi les 56 réacteurs pourront être prolongés et pour chacun d'entre eux, de quelle durée. Il sera également important de caler tout cela dans le temps pour que les chantiers nécessaires puissent être réaliser dans les délais compatibles à une continuité de production.

Quant au second point il implique la construction de 6 EPR2, dont celle de la première paire doit démarrer 2028 avec une mise en service prévue en 2035. Le scénario prévoie égalent 8 EPR2 supplémentaires à mettre en route pour la fin des années 2040. Tout cela s'inscrit dans les 3 scénarios de mix énergétique 2050 de RTE (voir infographie ci-dessous).

 

Tout cela étant dit, je dirais que le discours c'est une chose, l'action en est une autre. Si l'on veut que ce plan réussisse, il est indispensable que les actions nécessaires soient enclenchées sans plus de délai, sous peine de perdre la dynamique en place et la continuité avec le projet de l'EPR de Flamanvile.

On peut en effet ressentir dans la filière que tous les acteurs sont dans les starting blocks, ne perdons pas cette dynamique qui en train de se développer. Nous devons absolument capitaliser sur le retour d'expérience de l'EPR de Flamanville malgré les difficultés qu'on lui connait car ce projet a permis de relancer les savoirs-faire nécessaires. Si nous perdons cette continuité, le démarrage des prochains EPR en pâtira.

Cette continuité n'aura malheureusement pas pu être entièrement assurée avec les 2 EPR d'Hinkley Point C aux Royaumes Unis car NNB (EDF Energy) a en cours de route il y a quelques années (vers 2018 si ma mémoire est bonne) changé de stratégie de sous traitance pour écarter beaucoup d'entreprises françaises qui étaient impliquées sur Flamanville afin de favoriser les entreprises britanniques - c'est de bonne guerre! Et si j'ai bien compris, le projet de Sizewell qui est le prochain EPR à construire aux Royaumes Unis, va encore plus réduire l'apport français dans sa stratégie.

Ce grand projet décidé par notre nation va demander d'importants niveaux d'investissements avec une montée en puissance et en compétences des industriels de la filière. Je n'ai pas encore vu d'étude sur les projections des besoins en ressource humaine sur les 30 prochaines année pour faire face à ce défi mais j'imagine que des efforts colossaux vont être nécessaires si nous ne voulons pas nous retrouver à court de femmes et d'hommes, à tous les niveaux. Il me semble donc indispensable que ce plan industriel s'accompagne de son pendant dans l'éducation nationale, afin de former nos enfants sur l'ensemble du spectre de tous les filières nécessaires. Que ce soit dans les domaines de production (chaudronniers, soudeurs, électriciens, automaticiens etc.), d'ingénierie ou bien de management.

Egalement beaucoup d'entreprises de tous les secteurs (ingénierie, fabrications, construction...) vont avoir besoin d'être accompagnées pour franchir certains paliers (managériaux, numérisation, maîtrise de la supply chain etc.) dans un contexte où les exigences de sûreté et qualité vont être de plus en plus extrêmes.

Je voies également dans ce grand projet une opportunité à ne pas rater, celle de constituer un apport massif au projet de réindustrialisation de notre pays. 40 ans de désindustrialisation à marche forcée rajoutés à des décisions malheureuses impactant le développement du nucléaire ont fait perdre à la France toute la puissance apportée par l'industrie et la maîtrise de cette énergie à un pays.

 

Le Royaume-Uni lance son programme nucléaire

Le 7 avril 2022, Boris Johnson, le Premier Ministre britannique a annoncé un vaste programme de développement de centrales nucléaires au Royaume-Uni. Ce programme, qui comporte la construction de 14 nouveaux réacteurs dans 7 centrales est équivalent à celui de la France annoncé il y a quelques semaines de cela.

Deux raisons principales ont poussé les Britanniques dans cette voie. D'abord le "Helping Britain achieve net Zero" et la réduction de leur dépendance énergétique vis à vis de l'extérieur.

 Ce programme énergétique prévoie également un développement important de l'éolien marin.

«L’éolien en mer, et surtout le nucléaire sont des moyens d’avoir des capacités de génération électrique totalement sous le contrôle du Royaume-Uni. Nous avons six ou sept sites au Royaume-Uni pour le nucléaire. Cela ne se fera pas dans les deux prochaines années, mais c’est assurément ce à quoi nous pouvons aspirer» a dit Boris Johnson.

Pourquoi ce choix du nucléaire par le Royaume-Uni et la France ?

Essayons de synthétiser cela en deux points :

  • La compensation de l'intermittence des ENR par les centrales au gaz ou au charbon, qui rappelons le sont des énergies fossiles, rend les pays non ou peu producteurs fortement dépendants de l'extérieur. La guerre en Ukraine est venu le rappeler douloureusement. Car en effet il ne faut pas compter sur les autres lorsqu'il s'agit d'intérêts stratégiques majeurs, et l'Allemagne l'apprend à ses dépends. Rappelons que le Royaume-Uni importe 50% environ de son gaz, la France la quasi totalité.
  • Egalement, la transition énergétique voulant que l'on passe d'une production électrique d'origine fossile vers une production sans émission de carbone tout en augmentant les capacité d'ENR non pilotables, le nucléaire pilotable est incontournable (avec l'hydraulique et la géothermie mais dans une moindre mesure). Rappelons que la transition moteurs thermiques vers moteurs électriques et la réindustrialisation nécessaire de nos pays font que même si nous diminuons nos consommation domestiques (hors voiture) d'électricité, la consommation globale va augmenter.

Les enjeux industriels liés aux programmes britannique et Français

Il n'est pas inutile de rappeler qu'EDF est fortement impliqué dans le nucléaire britannique. Il l'est déjà dans la construction en cours des 2 tranches d'Hinkley Point C, et celle des 2 tranches de Sizewell C dont le démarrage de la construction est imminent.

Avec ce programme britannique de construire 14 nouvelles unités, équivalent en volume et en termes d'échéances  au programme français, une question se pose naturellement : comment faire en sorte que les capacités de la filière entière soient en mesure de faire face ?

Une des réponses est l'anticipation. Et cela doit démarrer maintenant afin de mettre la filière en ordre de bataille. Cela a démarré bien sûr avec le plan Excell d'EDF (https://www.edf.fr/groupe-edf/edf-en-bref/plan-excell), assurant une implication en amont de la filière. Concernant le Royaume Uni, je ne connais pas de plan équivalent (cela ne veut pas dire qu'il n'y en a pas !)

Mais cela n'est pas tout, car certains des engagements qu'EDF ambitionne de respecter dans son plan Excell (Déploiement du knowledge management au sein de toute l’ingénierie d’EDF et de Framatome par exemple)  doivent également être déclinés au sein des sous traitants de rang 1 et même de rang 2 dans certains cas.

Cela va demander des investissements importants qui ne pourront être engagés par ces entreprises que lorsque elles se sentiront sécurisés dans le fait d'obtenir des marchés et participer à la grande aventure, car ne l'oublions pas, répondre à des appels d'offre dans le secteur du nucléaire est un investissement extrêmement coûteux.

Il est donc nécessaire d'anticiper des plans  d'améliorations au sein de ces entreprises et d'en planifier les changements inhérents ainsi que les plans de recrutement qui s'imposent afin d'être prêt à l'instant t. 

Un appel aux compétences expérimentés dans les divers domaines concernés est donc nécessaire pour faire face à aux besoins de monter en compétence, de mise en place d'organisations adaptées etc.

Nous avons donc tous du pain sur la planche, maintenant, il n'y a plus qu'à !

Le grand changement

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Titre main layout 2: Le grand changement
: Le 8 juillet 2020 est une des dates les plus marquantes de ma vie. Après quasiment 30 ans de vie professionnelle en entreprise (29 ans et 10 mois plus exactement), je quittais la dernière entreprise à m’avoir embauché pour me consacrer à une autre vie : celle d’un travailleur indépendant – freelance en Anglais. Et là permettez-moi cette petite digression. Dans freelance il y a le mot free qui signifie libre. Exaltant n’est-ce pas ? Ahh la liberté. Et freelance en Anglais vient de free lance qui désignait les mercenaires au Moyen-Age, lance n’étant autre que le mot français désignant l’arme. De nos jours cela n’est plus notre lance que nous mettons à disposition, mais nos expériences, nos expertises et autres savoir-faire. Donc, lorsque je quittais le monde des « embauchés » en cet été 2020, en pleine pandémie, le contexte n’était pas des plus favorables. Mais ma décision était prise et mûrement réfléchie et j’imaginais alors un retour à la normale début 2021. Hum ! Je me lançais alors en cet été 2020 dans la création d’APPEX consulting, non sans me poser des questions sur les autres solutions qui pouvaient se proposer à moi telle que celle du portage salarial. Je m’engageais également dans toute une série de formations et coachings afin d’une part de consolider mes acquis, améliorer mes discours, et d’autre part apprendre à développer ma capacité à me vendre etc. Ces dernières démarches m’ont permis de conserver du lien social et professionnel, ce qui est fondamental dans une telle période de transition.
text col 2 layout 2: Je m’étais également dit qu’il fallait en profiter pour faire du sport sur un rythme plus important qu’auparavant– Mens sana in corpore sano – les Romains l’avait déjà si bien compris. La dépense physique, en effet ça aide beaucoup, je pense que c’est le meilleur détox, pas besoin d’aller chercher une quelconque recette de perlimpinpin. C'est mon avis. Et tout cela, avec bien sûr un travail d’anticipation démarré avant l’été 2020, a finit par payer avec une première mission d’un an à compter de mi-novembre 2020. Une belle et passionnante mission en management sur un grand projet. En fait, il suffit de se lancer. En cette époque à laquelle les entreprises n’osent plus payer à l’embauche la vraie valeur de l’expérience, la solution de se mettre en indépendant en management de transition, en conseil etc. est pour ceux qui ont un certains nombre d’années d’expériences, une belle aventure dans laquelle il ne faut pas hésiter à se lancer. Ne pas avoir peur. Et je dirais pour terminer ce premier article qu’après quelques semaines sur ma première mission, je me suis dit « mais pourquoi tu ne t’es pas lancé avant dans cette aventure ? ». Et permettez-moi de terminer par cette citation dans la continuité de ce qui précède, d’un des personnages de l‘histoire pour lesquels j’ai le plus grand respect, Jean-Baptiste CHARCOT :
quote layout 2: « Ma devise n’a-t-elle pas toujours été Pourquoi Pas ?, le résumé de mon caractère, mélange de doute et de volonté »

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